12 mars 2026

Nikol Pachinian, Premier ministre arménien, lors de son discours au Parlement européen. © European Union 2026 - Source : EP
L’Arménie se rapproche de l’occident
Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a pris la parole au Parlement européen pour remercier Donald Trump pour son action dans le processus de paix entre l’Arménie et l'Azerbaïdjan, mais aussi pour la création de son Conseil de la paix en janvier dernier. Il a également déploré la situation actuelle au Proche-Orient, touchant “l’Iran [qui] est notre voisin et ami depuis des millénaires”. Le dirigeant arménien a aussi annoncé un ensemble de lois afin d’aligner le pays avec les réglementations de l’Union européenne, dans l’espoir de pouvoir la rejoindre par la suite. Il a également encouragé la reprise du dialogue entre l’UE et la Géorgie, essentielle d’après lui avant une possible adhésion de l’Arménie. Ces rapprochements avec l’Occident ont lieu alors que les relations entre la Russie et l’Arménie se sont grandement dégradées après le soutien de Moscou à l'Azerbaïdjan en 2025.
Salomé Cadon
Le Canada, 28e État de l’Union européenne ?
“Le Canada est peut-être le pays le plus européen en dehors de l'Europe”, déclare l’eurodéputé Tobias Cremer (S&D, socio-démocrate). Ce mercredi est voté à une large majorité au Parlement européen le rapport pour une “coopération renforcée entre l’Union et le Canada à la lumière du contexte géopolitique actuel”. Les parlementaires veulent un rapprochement plus important avec le Canada alors que Donald Trump menace de faire de son voisin du Nord le 51e État des États-Unis. L'eurodéputé Javier Moreno Sánchez (S&D, socio-démocrate), qui préside la délégation parlementaire pour les relations avec le pays, estime que les Canadiens “se sont sentis trahis par leur partenaire” et qu'il faudrait “une intégration la plus poussée possible sur le modèle de la Suisse, de l'Irlande du Nord ou de la Norvège”. Cette coopération a été amorcée en 2017 avec le CETA, un accord commercial appliqué provisoirement et que dix pays dont la France tardent encore à ratifier. Cet accord de libre échange est critiqué par la gauche européenne qui craint la concentration des financements au profit des multinationales et par l’extrême-droite européenne qui dénonce une concurrence déloyale.
Sacha Laudrin Laroche
Un semestre européen pour réduire les inégalités sociales
Les rapports annuels sur le semestre européen ont été adoptés ce mercredi. Les parlementaires européens ont donné leur avis sur les priorités du semestre, qui vise une coordination renforcée des politiques économiques, sociales et d’emploi entre les États membres. Sur les politiques sociales, ils font état d’importantes inégalités. Plus d’un Européen sur cinq est exposé au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Le Parlement appelle donc à renforcer la lutte contre la pauvreté des enfants et estime les besoins en matière d’infrastructures sociales à 192 milliards d’euros par an. Le Parlement souligne également une pénurie de main-d'œuvre. Pour y faire face, il recommande notamment d’améliorer la qualité des emplois et de renforcer les droits des travailleurs.
Manon Vannier
Élargir l’UE pour contrer l’influence russe
Dans un rapport, le Parlement européen appelle à relancer le processus d’élargissement de l’UE. Neufs pays sont officiellement candidats à l’adhésion, mais c’est l’Ukraine qui est au cœur de cette initiative. Les députés, ainsi que la Commission européenne, souhaitent son intégration rapide, bien que certains pays des Balkans occidentaux attendent depuis près de 20 ans. L’objectif : contrer l’influence russe, partout où l’Europe le peut. “Laisser nos partenaires en Ukraine, en Moldavie et dans les Balkans occidentaux dans un vide sécuritaire est un prix que nous ne pouvons pas nous permettre de payer”, a déclaré le député Sven Misker (S&D, socio-démocrate). Le risque, selon les députés, est de laisser des pays en transition démocratique aux mains de la Russie, comme cela a été le cas en Géorgie. Candidat à l’adhésion depuis 2023, le pays connaît un recul de l’État de droit depuis l’accession au pouvoir, en 2024, du Premier ministre pro-russe Irakli Kobakhidze.
Bertille Lietar
Pédocriminalité en ligne : surveillance prolongée, chiffrement mieux protégé
Le Parlement européen a voté la prolongation jusqu’au 3 août 2027 d’une dérogation aux règles de protection de la vie privée permettant aux plateformes de surveiller les messageries privées pour détecter des contenus pédopornographiques en ligne. Certains groupes ont toutefois tenu à mieux encadrer la protection des communications chiffrées. La surveillance ne pourra viser que des personnes suspectées d’abus sexuels sur mineurs et dénoncées par un “utilisateur, un signalant de confiance ou une organisation”. Aujourd’hui, onze milliards de données sont déchiffrées par Microsoft pour seulement 32 000 signalements. Les eurodéputés espèrent donc rendre la lutte plus efficace tout en protégeant les données personnelles. Le texte doit désormais être négocié avec les autres institutions européennes, dans le cadre des discussions sur une future législation permanente.
Léo Sallé