12 mars 2026

Jackie Fox avec Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, à l’occasion de la journée internationale du droit des femmes. © European Union 2026 - Source : EP
Tensions dans l’hémicycle pour la journée des droits des femmes
Au cours de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes au Parlement, des groupes parlementaires se sont mutuellement hués.
Les groupes de l’extrême droite ont martelé leur position identitaire et anti-LGBTQIA+ et ont placé la sécurité au cœur de leurs discours. “[On nous a donné] un agenda LGBT+, woke, qui fait que les femmes deviennent invisibles." a affirmé Irmhild Bossdorf (ENS, extrême-droite). En face, la gauche a fait bloc. Iratxe Garcia Pérez (S&D, socio-démocrate) a déclaré : “Des forces réactionnaires nationalistes tentent de remonter le fil du temps et de détricoter les droits des femmes. Ils attaquent les féministes, banalisent la violence et propagent la haine.” Manon Aubry, présidente du groupe The Left (gauche), a abondé dans ce sens : “Tant qu’on laissera l’extrême droite s’attaquer [aux droits des femmes], vous nous trouverez systématiquement sur votre chemin.”
Alexia Sabatier
Jackie Fox porte son combat contre le cyberharcèlement devant les eurodéputés
“Tous les jours elle me demandait : qu’est-ce qu’ils vont me faire aujourd’hui maman ?” a témoigné avec émotion Jackie Fox devant l'hémicycle bondé du Parlement européen.
Cette mère irlandaise a perdu sa fille Nicole, alias “ Coco”, victime de cyberharcèlement. En 2018, elle s’est suicidée après avoir subi plus de trois ans de violences en ligne. Face au néant législatif en la matière, Mme Fox a milité activement pour la “Coco’s Law”. Entrée en vigueur en Irlande en 2021, cette loi transforme le cyberharcèlement en infraction pénale.
Introduite par la présidente du Parlement, Roberta Metsola, et à l’initiative du PPE (droite), Jackie Fox est venue s’exprimer dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes. Elle a exhorté les députés à transposer cette avancée nationale en loi européenne. Son discours intervient à la suite de la présentation par la Commission européenne d’un plan d’action contre le cyberharcèlement le 10 février dernier.
Axelle Lorans
Les premiers lauréats d’une légion d’honneur à l’Européenne
“Pour la première fois, l’Europe rend hommage à des Européens exceptionnels.” Ce 10 mars, la Présidente du Parlement européen Roberta Metsola a dévoilé les 20 premiers récipiendaires de l’Ordre européen du mérite, créé pour les 75 ans de la déclaration Schuman, prémices de l’UE. Parmi eux, la Présidente moldave Maia Sandu, le basketteur grec Giannis Antetekounmpo ou encore Jean-Claude Trichet, ancien Président de la Banque centrale européenne. Pour Roberta Metsola, “ces lauréats représentent la diversité de l’engagement qui fait avancer notre Union”. Sont aussi nommés membres émérites de l’Ordre, l’ancienne Chancelière allemande Angela Merkel et même le Président ukrainien Volodymyr Zelensky. L’annonce s’est conclue par l’hymne européen joué dans l’hémicycle. La cérémonie de remise, quant à elle, aura lieu lors de la plénière de mai.
Enora Moreau
Un “28e régime” : vers un marché unique européen simplifié
“Nous sommes à un moment charnière pour la suite du marché unique”, s’est exclamée Marilena Rouana, la Présidente chypriote du Conseil, en ouverture des débats sur la compétitivité européenne ce mardi. L’objectif : simplifier et harmoniser la réglementation européenne en créant un “28e régime” commun à tous les Etats membres, via une série de dix paquets de mesures législatives appelés "lois omnibus". Selon la diplomate chypriote, la simplification de la réglementation permettrait aux entreprises d’économiser 15 milliards d’euros. “Les obstacles au marché unique coûtent de l’argent, des emplois et de la compétitivité”, a-t-elle poursuivi. Une position critiquée par les groupes de gauche, qui s'inquiètent d'une dérèglementation au nom de la compétitivité. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, présentera sa feuille de route sur le sujet au Conseil européen le 19 mars.
Antoine Dana
Face aux espèces envahissantes, le Parlement au secours des pêcheurs
“L’Union européenne ne peut plus ignorer l’impact dévastateur des espèces exotiques envahissantes sur la pêche et l’aquaculture, qui engendre de lourdes pertes économiques”, a insisté André Franqueira Rodrigues (S&D, socio-démocrate). Avec son groupe, il a voté un rapport adopté à une large majorité pour aider les pêcheurs à lutter contre les espèces envahissantes. Depuis 2025, l’UE compte 114 espèces invasives, comme le poisson chat, introduit dans une région qu’il n’aurait pu atteindre naturellement. Dans son rapport, le Parlement demande d’informer et de sensibiliser les pêcheurs aux conséquences environnementales et économiques de ces espèces. Par an, les coûts des invasions de ces espèces sont estimés à 423 milliards de dollars dans le monde selon un groupe international d'experts sur la biodiversité.
Roxane Guesdon
L’UE appelle les “talents” issus de l’immigration
Une réserve européenne de talents est sur les rails. Les eurodéputés ont approuvé en première lecture ce mardi la création d’une plateforme numérique qui vise à combler la pénurie de main d’œuvre en Europe. Elle aspire à faciliter le recrutement dans les secteurs sous tension, en mettant en relation des travailleurs qualifiés issus de pays tiers, avec des employeurs européens. Objectif : renforcer la compétitivité des entreprises européennes. Sans garantir l’obtention d’un visa, la plateforme permet aux travailleurs de trouver un emploi avant d’arriver en Europe : “La migration fait partie de la solution”, a affirmé l’eurodéputée Abir Al Sahlani, rapporteuse du groupe Renew (centre-droit). Cette plateforme ouverte aux États membres volontaires, ne sera accessible qu’une fois le texte adopté par le Conseil de l’Union européenne.
Thibault Schoepf