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18/09/26
13:53

Résultats de l'audit sur l'endettement de Strasbourg : une situation « grave et préoccupante » pour l'équipe de Trautmann

Bienvenue dans ce direct du Webex. Les résultats de l'audit sur l'endettement de Strasbourg lancé par la nouvelle édile, Catherine Trautmann, ont été annoncés. La ville de Strasbourg est endettée à hauteur de 500 millions d'euros, et la municipalité a évoqué l'impossibilité, en l'état, de financer tous les projets en cours. Notre journaliste Carl Lefebvre était sur place.

16h15

C'est la fin de ce direct, merci de nous avoir suivis ! Vous pouvez toujours (re)lire notre point sur la situation : Fin de l’audit, et vite la suite !

16h10

Interrogée sur la difficulté de concilier la réalisation de projets municipaux avec « l’urgence financière », selon le constat qu’elle a dressé aujourd’hui, la maire socialiste ne ferme pas totalement la porte aux impôts, mais pas tout de suite : « On fera appel à la solidarité des habitants, mais d’une autre manière. Je considère que la fiscalité est un ultime recours. Je refuse cette solution de facilité, les impôts sur la taxe foncière ne touchent pas que les riches. »

Les audits auront coûté 57 000 euros à la Ville, 46 000 euros à l’Eurométropole. Reste encore celui des sociétés d’économie mixte. La saison des audits n'est donc pas terminée.

15h45

Interrogé sur les projets qui sont pour l'instant « gelés », Mathieu Cahn indique ne pas encore pouvoir répondre : « Aujourd’hui, nous sommes en train de balayer les PPI (plans pluriannuels d’investissement), et ce n’est pas le jour pour annoncer la mise à l’arrêt ou l’abandon de tel ou tel projet. » Ces décisions seront prises en 2027.

500 millions

C'est le montant de la dette de la Ville de Strasbourg, selon Loïc Muller, du cabinet de conseil Deloitte.

De nombreux projets économiques sont repoussés ou supprimés par la nouvelle municipalité de Catherine Trautmann. Crédits photo : Carl Lefebvre

15h40

Des impôts ou une réduction à la hache de toutes les dépenses ? Ce n’est pas si simple pour Catherine Trautmann, pour qui on ne doit « imposer cela à personne ». « Il faut trouver une façon de gérer la dette, de trouver des économies, de créer de la valeur, avec sérieux. »

Elle souligne la nécessité d’une stratégie de « sobriété » en matière de dépenses publiques. « Ce qui m’indigne particulièrement, c’est ce qui a été dit aux Strasbourgeois par l’équipe précédente, prétextant que tout allait bien. Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’une alerte. En ne faisant rien, on aurait pu prendre le chemin d’une mise sous tutelle. »

Cette situation est beaucoup plus dégradée que ce que j’imaginais.

Catherine Trautmann, maire de Strasbourg et présidente de l'Eurométropole

15h34

Catherine Trautmann est beaucoup plus directe à propos du mandat de sa prédécesseuse. « Le précédent mandat a été lancé sur l’urgence sociale et climatique, pour celui-ci, j’ajouterais l’urgence financière. Je vous le dis en toute honnêteté, cette situation est beaucoup plus dégradée que ce que j’imaginais. Ces schémas qui vous ont été présentés montrent le sens de la gestion de la mandature précédente. Strasbourg s’est retrouvée dans une situation de cavalerie financière. »

15h27

C'est au tour de Caroline Barrière, vice-présidente en charge des finances à l’EMS, de tirer des conclusions des résultats de l'audit. « Si nous continuons dans les mêmes pas que le mandat qui vient de s'écouler, ce ne sera pas soutenable. Et en même temps, ce mandat a d'énormes enjeux. Nous devons faire ce que toute collectivité responsable doit faire : prioriser. Certains projets devront être rephasés, réinterrogés, redimensionnés. »

« Nous devrons agir sur tous les leviers simultanément », c'est-à-dire diminuer les dépenses, et augmenter les recettes de fonctionnement. « Il faudra chercher des économies, maîtriser les charges générales, regarder notre masse salariale, ce qui ne sera pas simple », résume l'élue.

Pour Mathieu Cahn, premier adjoint à la mairie de Strasbourg, la situation est « grave et préoccupante ». Crédits photo : Carl Lefebvre

15h20

Le mandat précédent a été marqué par une quantité importante de recettes exceptionnelles : « On a utilisé du ponctuel pour faire du permanent. » Mathieu Cahn cite la vente de propriétés appartenant jusque-là à la ville, par exemple l'hôtel Mercure dans le quartier Wacken. Il précise qu’il n’y a « aucun problème à percevoir ce genre de recettes. Mais quand il n’y a plus d’hôtels à vendre, la recette disparaît mais la dépense reste. »

Sur les dépenses de fonctionnement, le premier adjoint appelle à interroger la politique d’emploi de la collectivité, en évaluant « le bien-fondé de chaque poste créé ». « Nous avons été élus pour agir, pas pour commenter pendant six ans l’héritage que nous avons reçu. Il nous faudra distinguer ce qui est indispensable, ce qui est prioritaire, ce qui devra être redimensionné et ce qu’il faudra décaler. Comme vous l’avez vu, nous ne pourrons pas tout financer », dresse Mathieu Cahn tout en précisant que la nouvelle équipe municipale ne renoncera pas à ses promesses.

Qu'est-ce qu'un PPI ?

Le plan pluriannuel d’investissement est un outil de gestion pour les collectivités, il les aident à prévoir et prioriser les dépenses sur plusieurs années (au moins cinq ans).

Un plan pluriannuel d'investissement n'est pas une lettre au Père Noël.

Mathieu Cahn, premier adjoint à la mairie de Strasbourg

15h10

Après une présentation exhaustive de la part de l'expert-comptable, c'est maintenant aux élus de s'exprimer. Mathieu Cahn, premier adjoint à la maire de Strasbourg et vice-président de l'Eurométropole, prend la parole : « Il faut dire les choses assez simplement, la situation qui vous a été présentée aujourd'hui est grave et préoccupante. Nous ne sommes pas face à un accident budgétaire, mais face à une dégradation progressive. » 

« S’endetter pour investir, disons-le tout de suite, ce n’est pas un problème. Encore faut-il que cet effort soit soutenable. Or, comme cela vous a été montré, la dette de la ville a plus que doublé. Nous sommes clairement dans une situation de surendettement », s'inquiète-t-il.

Mathieu Cahn accuse un plan pluriannuel d’investissement « complètement déconnecté des capacités de la Ville », avec, selon ses chiffres, 1,3 milliard d’euros inscrits pour 600 millions d’euros de capacité réelle. « On se retrouve avec des projets annoncés, financés, promis aux habitants, mais peut-être pas réalisables. Un PPI n’est pas une lettre au Père Noël. »

15h00

À l’Eurométropole, « un fort investissement et un très fort endettement », accompagnés d’une « explosion » des frais financiers (+ 133 %) sont aussi constatés par Loïc Muller. Sur l’épargne brute, l’expert-comptable observe une tendance plutôt stable. Mais une perte de 30 millions d'euros se détache dentre 2025 et 2026. « Une situation qui s'explique par les frais financiers, par les coups de rabot de l’État, et par des recettes exceptionnelles qui n’ont pas eu lieu en 2026. »

Deloitte considère qu'il faudrait chercher 45 millions d'euros supplémentaires dans les recettes et dépenses de fonctionnement pour redresser la situation d'ici 2027.

Loïc Muller est responsable des activités Grand Est de Deloitte, le cabinet de conseil qui a réalisé l'audit sur l'endettement de Strasbourg et de l'EMS. Crédits photo : Carl Lefebvre

14h50

Pour Loïc Muller, l'endettement de la municipalité et de l'Eurométropole ont une explication simple : « Ça a été un mandat très dynamique au niveau de l’investissement. Mais comme l’épargne brute a fortement baissé, la seule possibilité de payer, c’est d’avoir recours très fortement à l’endettement. » En effet, durant le mandat de l'ancienne maire écologiste, les dépenses d'équipement ont atteint 649 millions d'euros.

« Pour redresser la situation et garantir une trajectoire soutenable, Deloitte a estimé qu’il faudrait une épargne brute à 51 millions d’euros en 2027, contre un atterrissage prévu à 23 millions d’euros en 2026. »

14h45

L’épargne brute a été en forte baisse durant le mandat Barseghian : 41,6 millions d’euros en 2020 ; 36,1 en 2023 ; 23 en 2026. « Cela signifie simplement que les dépenses de fonctionnement ont augmenté de manière bien plus rapide que les recettes. » Les charges à caractère général [dépenses de fonctionnement, ndlr] ont augmenté de 52 %. Loïc Muller explique ce dernier paramètre par une économie bousculée par la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine.

14h40

Loïc Muller, expert-comptable et commissaire aux comptes, patron de toutes les activités de Deloitte dans le Grand-Est présente cet audit, qui a duré plus de trois mois. « Pour la période 2020-2025 que nous avons analysée, les données financières que nous avons utilisées sont publiques. La transparence et la vérification sont relativement simples. Nous avons réalisé des comparatifs entre Strasbourg et l'EMS avec leurs homologues. »

Cette présentation sera suivie de la publication de documents bien plus complets.

Catherine Trautmann lors d'un conseil métropolitain, le 29 mai 2026. Crédits photo : Emma Simon

14h35

« Je me suis engagée en campagne électorale et en début de mandat à donner en transparence des chiffres sur la situation financière de la Ville et de l’Eurométropole », présente Catherine Trautmann. Celle qui est maire de Strasbourg depuis mars 2026 a ensuite lancé une petite pique, dirigée à l'ancienne édile, Jeanne Barseghian : « L’enjeu est d’établir une gestion plus sobre et plus robuste que celle qui nous a précédés. »

Catherine Trautmann a ensuite développé ses priorités de mandat : mobilités, logement, développement économique, attractivité. « L’objectif est pour nous de mener un mandat à forts enjeux, qui se projette à l’horizon 2050 pour une ville 0 carbone. Nous avons donc besoin de le faire sur des bases claires », précise-t-elle avant de lancer la présentation qui durera 40 minutes. 

« Je n’ai pas voulu travailler avec mes collègues sur des impressions ou des commentaires politiques. Ni mettre en défaut mes propres équipes. Il était donc indispensable d’avoir un regard externe, d’expert, indépendant et objectif, pour obtenir un état des lieux clair et précis de la situation financière de nos deux collectivités. »

Une manière de laisser la parole à Loïc Muller, représentant du cabinet Deloitte qui a réalisé l'audit.

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