Ce mardi, au moins 60 personnes ont péri dans l’effondrement de la mine d’or d’Al-Zaraa, au sud du Soudan, a appris ce mercredi l’AFP auprès de deux survivants. « Nous ne savons pas combien d'autres sont toujours à l'intérieur », a déclaré Khair al-Sayyed Jabara, qui a participé avec d'autres mineurs aux opérations de secours toute la nuit. Une mission rendue périlleuse par le manque « d’engins pour dégager la roche et la terre ».
Dans ce pays fragilisé par la guerre, où l’ONU estime à 20 millions le nombre de personnes touchées par une insécurité alimentaire aiguë, beaucoup se lancent dans une périlleuse ruée vers l’or. La majorité du précieux métal extrait au Soudan provient de petites exploitations artisanales comme celle qui s'est effondrée, où les accidents sont fréquents. « Ici les puits sont tous à côté les uns des autres. Si l'un d'eux s'effondre, tous les autres autour s'effondrent », explique Al-Amin Suleiman, qui travaillait également à la mine d'Al-Zaraa ce mardi.
Depuis le début du conflit entre l'armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) en avril 2023, les deux camps se sont largement financés via l'industrie minière, notamment celle de l’extraction de l’or. Avec 70 tonnes produites en 2025, le Soudan représente le plus gros producteur d’or du continent africain, même si la plupart reste accaparée par des réseaux de contrebande.
Killian Robart avec l'AFP