Ce mardi, des dizaines de personnes, réunies devant le palais de justice de Caglayan à Istanbul, ont été interpellées. Elles protestaient contre le coup de filet anti-LGBTQIA+ qui a eu lieu dimanche en Turquie.
Depuis l’emprisonnement d’Ekrem Imamoğlu, le principal opposant d’Erdogan, en mars 2025, la Turquie bascule-t-elle progressivement vers l’autoritarisme ?
« Vive la lutte pour la liberté », « Malgré la haine, vive la vie », « Libérez immédiatement les détenus! » ont scandé les manifestants, qui tenaient une banderole où on pouvait lire « Être LGBT+ et s'organiser n'est pas un crime ». Les manifestants, interpellés par la police turque après avoir refusé de se disperser, protestaient contre l’opération d’arrestation massive qui s’est déroulée le week-end dernier.
Dimanche 13 septembre, la police a arrêté au matin des dizaines de personnes dans les bars gay et dans les domiciles de militants LGBTQIA+ dans la capitale et plus largement dans 15 provinces du pays. « Dans le cadre des opérations "Ma famille est en sécurité" [...], des poursuites judiciaires ont été engagées contre 162 suspects, 9 associations et 13 entreprises », a écrit sur X le ministre de la Justice, Akin Gürlek.
En réaction, 200 manifestants se sont réunis lundi à Izmir dans le sud du pays pour protester contre cette opération coup de filet. Ils ont été dispersés par la police qui a fait usage de gaz lacrymogènes, a constaté l'AFP.
Ces répressions et cette vaste opération d’arrestations de personnes queer s’inscrivent dans la politique "la Décennie de la famille", proclamée début 2026 par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui prend les LGBTQIA+ comme bouc émissaire du déclin démographique de la Turquie.
Emma Simon avec AFP
Edité par Antoine Dana