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10/02/22
15:09

L'auteur du putsch burkinabé reconnu chef officiel du pays

Le lieutenant-colonel Damiba a été déclaré président de Burkina Faso. La Cédéao et l'Union africaine ne posent pas de sanctions mais demandent un « retour à la normale ». Le Conseil de sécurité des Nations unies affirme sa position sur la gravité de la situation dans le pays, mais refuse de reconnaître le coup d'État. 

Les dirigeants de l'armée du Burkina Faso séjournant au camp de base de Loumbila procèdent à la planification des opérations le 24 février 2019 pendant l'exercice. © Sergent de première classe Caleb Barrieau

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba a été déclaré « président du Faso depuis le 24 janvier » par le Conseil Constitutionnel. Le nouvel homme fort du Burkina, qui est également « chef de l'État » et « chef suprême des armées » a pris le pouvoir à l'occasion d'un coup d'État le mois dernier. La date de la prestation de serment devant le Conseil constitutionnel n'a pas été précisée. Le lieutenant est devenu officiellement président, le temps d'une transition jusqu'au retour à l'ordre constitutionnel.

Des garanties de retour à la normale exigées

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Union africaine ont suspendu le Burkina Faso de leurs instances sans imposer de sanctions. La présentation d'un calendrier pour le« retour raisonnable à l’ordre constitutionnel » a été exigée. 

Samedi dernier, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandago, avait annoncé la création d'une commission chargée d’élaborer une nouvelle charte nationale et de fixer un calendrier pour la transition. 

Le Conseil de sécurité des Nations unies avait exprimé, ce 9 février, sa « grave préoccupation » concernant le « changement anticonstitutionnel de gouvernement » du Burkina Faso survenu le mois dernier. L’ONU a pourtant choisi de ne pas qualifier l'évènement de coup d'État militaire, ni de le condamner. 

Les 15 membres du Conseil ont décidé à l’unanimité, après de difficiles négociations, d’adopter la déclaration formelle qui « prend note » de la suspension du Burkina Faso de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union africaine « jusqu’au rétablissement rapide et effectif de l’ordre constitutionnel ».  Ladite déclaration réclame « la libération et la protection du président Kaboré et d’autres responsables gouvernementaux ».

Kaboré attaqué sur tous les fronts

Le 24 janvier, les sources militaires affirment avoir arrêté et placé en détention le président Kaboré. Selon la télévision publique, le chef d’État aurait écrit et signé une lettre où il présente sa démission « dans l’intérêt supérieur de la Nation ». Lundi matin, plusieurs journalistes rapportent avoir vu des véhicules criblés de balles et des traces de sang près de l'habitation du président. Les résidents témoignent également avoir vu un hélicoptère survoler la zone, tous feux éteints.

Entouré d’une quinzaine de militaires, le capitaine Kader Ouedraogo a annoncé sa prise du pouvoir à la télévision nationale le même jour. L'instauration d'un couvre-feu dans tout le pays de 21h00 à 5h00 (heure locale) a été déclarée ainsi que la fermeture des frontières, la dissolution du gouvernement et la suspension de la Constitution. 

Roch Marc Christian Kaboré était  au pouvoir depuis 2015. Il avait été réélu en 2020 sur la promesse de faire de la lutte antidjihadiste sa priorité. Cependant les attaques terroristes se sont mulitipliées depuis. Impuissant à y faire face, l'ancien président était largement contesté par la population. Selon l’AFP, des centaines d’habitants sont descendus dans les rues de la capitale pour célébrer la nouvelle prise de pouvoir après le putsch. 

Lorela Prifti

Edité par Leïna Magne

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