Dans un discours de plus d’une heure, la présidente de la Commission a détaillé des mesures pour une Europe « plus forte et plus indépendante ».
C’est le traditionnel discours de rentrée de la présidente de l’exécutif européen. Chaque année, le discours sur l’état de l’Union présente les défis et les lignes directrices pour l’année à venir. Le Webex du Cuej revient sur les déclarations les plus importantes de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.
Face aux menaces de Trump, un nouveau palier franchi dans les relations entre l’UE et le Canada
La présidente de la Commission européenne veut « ouvrir la porte au Canada pour qu’il devienne le premier membre associé de l’Union européenne ». Un statut inédit dont les contours restent flous, mais qui mènerait la relation canado-européenne « au stade le plus élevé ». Le premier ministre canadien, Mark Carney, présent dans l’hémicycle de Strasbourg, a été vivement applaudi et s’exprimera jeudi devant les parlementaires.
Régulièrement en proie aux attaques de Donald Trump, l’UE et le Canada font front commun : « Nous créerons un espace commun de prospérité et de sécurité économique et ferons de l'Arctique un projet phare commun », a assuré Ursula von der Leyen.
Renforcer la coopération sécuritaire entre les 27
Dans un contexte d’accentuation des ingérences russes sur le sol européen, à l’instar de l’attaque de Leipzig perpétrée par des « agents russes », selon la cheffe de l’exécutif européen, plusieurs projets sont en cours. D’une part, Ursula von der Leyen souhaite que l’UE se dote de son propre article instituant « un protocole de sécurité d’urgence », à la manière de l’article 4 de l’OTAN. Ce dernier garantit des consultations dès que l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité d'un pays membre est menacée. D’autre part, elle a proposé la création d’un Conseil de sécurité européen, associant l’Union européenne (UE), le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni et l’Ukraine. En outre, l’Allemande a annoncé que l'UE a pour la première fois approuvé l'achat de systèmes anti-missiles américains Patriots.
Investir davantage dans l’IA pour transformer la société
Tout au long de son discours, Ursula von der Leyen a souligné le « point de bascule » dans lequel se trouvait l’équilibre mondial. Sur l’IA particulièrement, elle souhaite « faire sortir de nos écrans pour la faire entrer dans l’économie réelle ». L’objectif est de pérenniser son utilisation dans les secteurs de la santé, les transports, l’agro-alimentaire, la fabrication avancée, ainsi que la défense et l’espace. La présidente de la Commission y voit un moyen « d’améliorer la qualité des emplois » et de garantir leur accès à tous. Une ambition qui devra s’accompagner de « nouveaux modes de financements » pour investir davantage dans les entreprises et startups européennes. Côté régulation, elle veut réunir les grands acteurs de l’IA pour aider à « ralentir la course ».
Protéger les plus jeunes des dangers des réseaux sociaux
Comme prévu, Ursula von der Leyen a annoncé sa volonté d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans. Les enfants entre 13 et 15 ans ne disposeront que de « mini-comptes », surveillés par les parents et avec une durée d’utilisation limitée. « Les enfants sont de plus en plus absorbés par des contenus conçus pour capter leur attention. Nous assistons à une grande confiscation de nos enfants», a-t-elle déclaré. Un projet de loi, « EU Kids Act », sera présenté jeudi au Parlement européen. Selon l’AFP, ce projet s’appliquera aux différentes plateformes : réseaux sociaux, assistants d’intelligence artificielle et robots conversationnels, ainsi qu’aux jeux en ligne. Ces mesures devront être adoptées par les eurodéputés et les 27 pays membres de l’Union européenne.
Bertille Liétar et Clément Vaillat