Washington a admis, ce lundi 14 septembre, posséder des armes dans l’espace. Cette annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans la course à la militarisation de l’espace.
« Les États-Unis disposent de systèmes de contrôle spatial armés en orbite, capables de défendre la force interarmées contre des actions hostiles d'adversaires », a déclaré un porte-parole de l'US Space Force, la branche des armées américaines dédiée à l’espace, dans un communiqué ce lundi 14 septembre.
Cette annonce a immédiatement fait réagir les puissances rivales, comme la Russie, qui a fait valoir que l'espace devait être « exempt de tout armement », et la Chine, qui a pressé Washington « de cesser le déploiement de ses capacités militaires et de se préparer à une guerre dans l'espace ».
De quelles armes parle-t-on précisément ?
Dans son communiqué l’US Space Force ne les détaille pas. Victoria Samson, de l'ONG Secure World Foundation a estimé sur X qu’il s’agissait « de brouilleurs, qui ne provoquent pas de débris » dans l'espace. Mais « on ne peut que spéculer », temporise Laëtitia Cesari, spécialiste du droit de l'espace.
Le vide juridique autour de l’armement spatial permet aux « États-Unis de n’enfreindre a priori aucune règle avec cette déclaration », ajoute Laëtitia Cesari. La question de la prévention d'une course aux armements se posera assurément à la conférence du désarmement de l'ONU, dont la prochaine réunion a lieu en novembre.
La France, quant à elle, développe depuis plusieurs années des satellites dits « patrouilleurs », équipés de laser ou de brouilleur, pour protéger ses propres engins d'approches « inamicales » de satellites adverses.
Ella Peyron avec AFP