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14/09/22
17:05

Xi Jinping au Kazakhstan pour renforcer ses liens avec le régime autocrate

Pour son retour sur la scène mondiale, le président chinois débute sa tournée en Asie centrale, ce mercredi. Il affiche son soutien à l’allié traditionnel de Moscou, qui a pris ses distances avec la Russie depuis l’invasion en Ukraine.  

La Chine aimerait conserver son partenariat avec le Kazakhstan pour pérenniser le commerce via les routes de la soie. Wikimédia Commons.

Deux ans, sept mois et vingt-six jours que le président chinois Xi Jinping n’avait pas réalisé de voyages officiels à l’étranger. Pour le trentième anniversaire des relations sino-kazakhes, il s’entretenait mercredi avec son homologue kazakh Kassym-Jomart Toakaïev dans l’objectif affiché de renforcer la sécurité régionale. Hasard du calendrier, le pape François prenait part à un sommet inter-religieux à Nour-Soultan, dans la capitale kazakhe. Dans un contexte de tensions liées à la guerre en Ukraine, le pape a fait l’éloge du multilatéralisme face à la logique de « blocs ». Pékin n’a pas condamné le conflit russo-ukrainien et a même dénoncé les sanctions occidentales vis-à-vis de la Russie et les ventes d’armes à Kiev. Interrogé sur une éventuelle rencontre avec le président chinois, le pape a répondu n'avoir « aucune information ». « Je suis toujours prêt à aller en Chine », a-t-il cependant ajouté.

Le Kazakhstan, au cœur d’un triangle de puissances

Ce pays d’Asie centrale, grand comme quatre fois la France, attire les convoitises de ses voisins. La Chine, la Russie et l’Union européenne veulent croquer dans le gâteau kazakh, riche en pétrole, gaz et en terres rares. La Chine souhaite conserver ce partenaire primordial pour pérenniser le commerce via les routes de la soie. En embuscade, la Russie a regagné du crédit au sein de cet ancien territoire soviétique qui s’est émancipé en 1991. En janvier 2022, le régime autocratique kazakh a reçu une aide militaire salvatrice de Moscou. La répression des émeutes sociales contre la hausse des prix de l’énergie avaient fait plus de 200 morts. L’Europe essaie elle aussi de se frayer un chemin, en tant que partenaire économique. Premier investisseur étranger dans le pays et premier partenaire commercial du Kazakhstan, l’Union européenne occupe un statut privilégié. Mais les convoitises russes et chinoises s’approchent pour démontrer qu’un ordre mondial non-occidental est possible.

Selon Xi Jinping, Pékin souhaite coopérer avec le Kazakhstan dans la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé ainsi que contre les trois « fléaux », terme utilisé par Pékin pour désigner le terrorisme, le séparatisme et l'extrémisme religieux. Le gouvernement chinois a déjà utilisé cette formule pour justifier la répression exercée au Xinjiang, région chinoise frontalière du Kazakhstan, à l'encontre de la population musulmane ouïghoure. La Chine est accusée par des pays occidentaux et des organisations de défense des droits de l'Homme d'avoir enfermé plus d'un million d'Ouïghours et d'autres membres de minorités musulmanes, y compris des Kazakhs, dans des camps. Pékin rejette ces accusations, affirmant combattre le terrorisme et assurer le développement de la région. Des milliers de Kazakhs ont des liens familiaux avec des habitants du Xinjiang, région où les Kazakhs constituent la deuxième plus grande population turcophone après les Ouïghours.

L’Ouzbékistan en ligne de mire

Le sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) figure également dans l’agenda du président chinois, les 15 et 16 septembre, dans la ville ouzbèke de Samarcande. Un front uni qui réunit le bloc anti-occidental, comprenant l’Indien Narendra Modi ou encore le Turc Recep Tayyip Erdogan. Xi Jinping retrouvera son partenaire Vladimir Poutine. Lors de leur dernière rencontre en février, dans le cadre des Jeux Olympiques d’hiver, les deux dirigeants avaient signé une déclaration commune très critique envers les Etats-Unis. Ils avaient annoncé une nouvelle ère des relations internationales. Les Occidentaux attendent de pied ferme Xi Jiping au G20, prévu à Bali (Indonésie), en octobre prochain.

Cyprien Durand-Morel, avec AFP

Édité par Corentin Chabot

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